« Super 4  » – Un joyeux mélange des genres

Très tôt, on nous met devant des choix cornéliens : slip ou caleçon ? tongs ou baskets ? fromage ou dessert ? Quick ou McDo ? Pokémon bleu ou Pokémon rouge ? papa ou maman ? Les réponses correctes sont, bien entendu, dans l’ordre : « boxer » (piège !), « baskets », « desserts », « Burger King » (re-piège !), « Pokémon bleu » (parce qu’il y a Goupix et Miaouss) et « Papa » (c’était facile !). Mais le dilemme le plus difficile, celui qui marquera à jamais les enfants, reste bien sûr : Lego ou Playmobil ?

Si, dans le domaine des dessins animés, Lego semble avoir une longueur d’avance avec d’excellentes séries comme Ninjago ou encore le fantastique film La Grande Aventure Lego, Playmobil a désormais son premier dessin animé : Super 4.

Super 4

« Super 4 » est à prononcer à l’anglaise (Super Four ou Super Fort)

Fiche technique

Super 4 est une création française des studios de Method Animation, spécialisés dans l’animation 3D assistée par ordinateur (CGI en anglais) qui a déjà produit d’autres séries comme le Petit Nicolas (qui passe sur M6 Kids), le Petit Prince, dont je parlerais un jour, ou Charlie & Co (France 3), une version assez sympathique d’Iron Man ado (France 4) ou encore une nouvelle version de Robin des Bois (sur TFou). Bref, un studio reconnu qui a bossé avec toutes les grosses chaînes télé. Ce dessin animé est également co-réalisé par Morgen Studios, une société allemande spécialisée dans les jeux vidéo mais qui connait bien la licence Playmobil, puisqu’elle a sorti plusieurs jeux dans cet univers. Pour compléter cette présentation, cette série est produite avec la participation de France Télévisions, Cartoon Network Italie et le CNC. Il s’agit donc d’un gros projet qui a nécessité 3 ans de développement et dont le budget est estimé à 9 millions d’euro.

Super 4 compte pour le moment une saison de 52 épisodes de 13 minutes chacun. Ce dessin animé a été diffusé pour la première fois en France, cette année pendant les vacances d’été, le 2 août 2014 dans Ludo. Il passe actuellement par deux épisodes tous les samedis matins dans Ludo, toujours sur France 3.

Comme je l’ai écrit en introduction, Super 4 est un dessin animé qui se passe dans l’univers des Playmobil, cette marque allemande de jouets qui fête ses 40 ans, cette année en 2014. C’est une première pour la marque qui a toujours su, jusqu’à présent, se développer sans profiter de licences juteuses comme son concurrent danois.

L’univers graphique de la série est assez fidèle aux petits personnages en plastique de 7 cm, aux visages ronds, aux mains en forme de pince et aux coupes de cheveux improbables. Même si pour les besoins de l’animation, les visages sont plus expressifs (malgré les grands yeux ronds) et les personnages plus souples et moins arthritiques dans leurs mouvements. C’est fluide et propre. Graphiquement, c’est assez joli, coloré et lumineux. On évite aussi le côté plastique et jouet pour un aspect quasi-organique des personnages, notamment dans le rendu des tissus et des vêtements. Comme on peut le constater dans la bande-annonce ci-dessous.

Quant à l’histoire, il n’y a pas de trame générale, mais des épisodes indépendants qui mettent en avant certains personnages ou qui se passent dans l’un des 5 univers différents (les chevaliers, les pirates, les fées, les dinosaures ou encore la ville futuriste) que l’on retrouve dans le catalogue Playmobil. C’est bien exploité, plutôt malin et surtout ça permet une grande variété d’histoires différentes.

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Comme souvent, il n’y a grand chose à signaler sur le doublage, très pro et convaincant, avec des voix qu’on a déjà entendues dans d’autres séries ou dessins animés. Et s’il n’y a pas de générique chanté, l’ambiance musicale de la série n’est pas spécialement mémorable : elle fait correctement son travail d’accompagnement.

L’univers de Super 4

On ne retrouve pas uniquement l’esprit Playmobil dans les looks des personnages (sur lesquels je vais revenir) mais aussi dans l’univers général de la série.

Le monde de Super 4 est en effet découpé en 5 îles représentant un univers bien spécifique, à la manière d’un catalogue où on retrouve les différentes gammes de jouets :

  • Médiévalia

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Comme son nom l’indique, Médiévalia est une île de chevaliers où on peut croiser des châteaux forts, des dragons et des princesses en détresse. Ce royaume est gouverné avec sagesse par le Roi Kendric qui a fort à faire entre l’infâme Baron Noir qui cherche à conquérir et sa fille, la princesse Léonore qui prend son rôle de demoiselle en détresse un peu trop au sérieux.

C’est de cette île que vient Alex, l’un des héros, qui est aussi le fils aîné du roi et le prince héritier de Médiévalia.

  • Technopolis

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C’est la cité futuriste qui vit sous un dôme et coupé du monde extérieur. On y trouve des robots, des voitures volantes et toutes sortes d’engins bizarres, construits par le Docteur X, sorte de savant fou dont les inventions échappent constamment à son contrôle.

Gene, l’un de nos quatre héros, vient de cette cité ainsi que le Caméléon, le génial véhicule et QG de l’équipe.

  • L’île de la Poudrière

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L’île de la Poudrière est le repère pas très discret de la bande de pirates menée Barbe de Requin. Elle doit son nom aussi bien à son volcan qui menace d’entrer en éruption à tout moment qu’aux innombrables canons qui parsèment la ville. Cette île n’est pas sans rappeler l’île de la Tortue dans les Pirates des Caraïbes, mais avec une meilleure hygiène bucco-dentaire et moins d’alcool.

C’est de là que vient Ruby, la pirate du groupe.

  • L’île enchantée

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C’est un lieu déconseillé aux diabétiques et aux dentistes : chaque atome de cette île transpire la guimauve. Tout y est rose et mignon. On y trouve des licornes, des arcs-en-ciel et bien sûr des fées, parmi lesquelles Étincelle, l’une des héroïnes. Cette dernière, après avoir transformé par accident la Reine des fées en crapaud, n’a visiblement pas arrangé le mauvais caractère de la Reine

  • L’île perdue

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Cette île mystérieuse dont on ne sait pas grand chose renferme aussi bien des temples mystérieux, des créatures étranges que des dinosaures. C’est sur cette île que nos quatre héros ont trouvé une drôle de bestiole, Alien.

Les personnages

Les Super 4 (qui sont 5 voire 6, en vrai)

Les héros de cette série forment un groupe d’aventuriers/justiciers qui parcourent les différents univers à la recherche d’aventure. On notera une parfaite parité (2 garçons, 2 filles) ainsi qu’une certaine mixité (Gene est un beau gosse black, notamment).

  •  Alex, le chevalier

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Leader des Super 4, Alexandre est l’archétype du chevalier parfait : brave, malin et fort. Il ne lui manque en fait que le cheval et l’armure complète. C’est un combattant accompli et un chasseur de dragons émérite. Bon d’accord, c’est une tête brûlée, fonceur et un peu niais, mais c’est le lot de tout bon héros de dessin animé, non ?

Alex est aussi le prince héritier de Médiévalia. Mais il préfère pour l’instant voyager et découvrir le monde et les différents univers avec ses amis.

  • Ruby, la pirate

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Ruby est une jeune femme impulsive et enthousiaste, qui a une passion certaine pour les objets qui brillent. Son choix de carrière dans la piraterie semble toute tracée. Mais c’est sans compter sur les traditions archaïques et phallocrates de l’île de la Poudrière : il est en effet interdit pour une fille d’être pirate. C’est pourquoi Ruby a été chassée de l’île des pirates par Barbe de Requin, le méchant pirate qui contrôle l’île de la Poudrière.

Le moins qu’on puisse dire, c’est que Ruby n’est pas vraiment une jeune femme distinguée. Elle s’apparente à une sorte de Capitaine Haddock au féminin pour ce qui est du vocabulaire fleuri et imagé qui tourne pas mal autour des différentes espèces de crustacés et poissons. Bref, une pirate, quoi !

Malgré un côté un peu roublard, Ruby est une personne sur qui ses compagnons peuvent compter. C’est en effet une bretteuse hors pair, courageuse et dotée d’un grand sens moral.

  • Gene, l’agent secret

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Gene est la caution intellectuelle et sérieuse du groupe. C’est le sceptique et le cartésien, l’agent Scully qui veut tout expliquer par la logique et la science. Gene est un pur produit de Technopolis. C’est surtout un bricoleur de génie qui a avec lui tout un tas de gadgets à la manière d’un super agent secret.

Il impressionne ses camarades par son intelligence, même si Étincelle n’est pas dupe et le soupçonne d’utiliser un vocabulaire scientifique et compliqué uniquement pour se donner un genre.

  • Étincelle, la fée

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Étincelle est une fée toujours joyeuse qui voit la vie en rose bonbon avec des paillettes et des mignons petits papillons et des chatons trop choupis ! Elle vient de l’île enchantée. Mais elle est de loin la plus dangereuse parmi les membres des Super 4. Pas tant à cause de son talent (qu’on dit prometteur) que par les nombreuses catastrophes qu’elle déclenche à chaque fois qu’elle agite sa baguette magique.

Étincelle est en effet un peu étourdie et maladroite. Son tout premier fait d’arme est quand même d’avoir transformé la Reine des fées en crapaud (ce qui explique que depuis elle n’est pas trop dans les petits papiers de cette dernière).

Notre fée n’en reste pas moins un personnage courageux et sympathique, mais totalement à côté de ses souliers.

  • Alien, la mascotte

alien

A la manière d’un Scooby-Doo ou de Dagobert dans le Club des Cinq, Alien est la mascotte du groupe. Cette créature bizarre a été trouvée par Étincelle sur l’Ile Perdue. Si Alien peut être rigolo et plaire aux enfants, il faut avouer qu’il ne sert à rien.

  • Le Caméléon, le QG

cameleon

A la fois le véhicule de transport et le QG du groupe, le Caméléon est une merveille de technologie créée par Gene. Le Caméléon peut prendre quatre formes différentes : le mode techno-explorateur (véhicule tout terrain), le mode médiéval (blindé et armé d’un bélier et d’une catapulte), le mode pirate (pour naviguer entre les îles) et le mode féérique (rapide et léger et qui permet de flotter dans les airs en faisant « wooosh woosh ! »).

caméléon fée caméléon pirate caméléon médivéal

Les méchants

Que serait une série d’aventures sans méchant ? Comme pour les personnages principaux, on retrouve en gros un méchant par univers/île.

  • Le Docteur X

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C’est le dirigeant de Technopolis. Inventeur mégalo légèrement hygiéniste, il vit pour la science et la logique. Il ne supporte pas le désordre contre lequel il lutte avec ses robots. Il est en général victime du syndrome du Coyote : la plupart de ses inventions lui retombent sur le coin de tronche à la fin !

  • Le Baron Noir

Chevalier félon, le Baron Noir ne rêve que d’une chose : s’emparer du trône de Médiévalia par tous les moyens et stratagèmes possibles. Malheureusement malgré les moyens dont il dispose, il échoue lamentablement face aux Super 4. Ça se trouve, il ferait un souverain extraordinaire, réformiste et moderne ! Mais il n’aura jamais la chance de faire ses preuves !

  • Barbe de Requin

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Chef de la bande de pirates qui terrorisent l’île de la Poudrière, Barbe de Requin est aussi le capitaine du Poulpe Poilu, son galion pirate.

Avis et critique

Je n’ai appris que tardivement l’existence de Super 4, au moment où je faisais mes recherches pour mon article sur la rentrée télévisuelle. Si je n’ai pas pu m’empêcher de faire un parallèle avec les dessins animés Lego, cette série a tout de suite attiré mon attention pour 2 raisons. Tout d’abord, il s’agit d’un dessin animé français qui a prouvé qu’on savait faire en France des dessins animés de bonne qualité. Ensuite l’utilisation de l’univers des Playmobil, une première dans le domaine de l’animation. Alors que les dessins animés Lego (que ce soit Ninjago, Chima ou encore les divers courts-métrages dans l’univers Star Wars) étaient essentiellement basés sur des licences uniques, Super 4 prend le parti de mélanger joyeusement tous les univers. Qu’en est-il réellement ? Le résultat est-il à la hauteur des ambitions des auteurs ?

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Super 4 retranscrit bien cette sensation qu’une bande d’enfants sont en train de jouer : l’un a son chevalier, un autre une pirate tandis qu’un autre a un super-véhicule d’agent secret, le tout chez un copain qui a un château de princesse. Certes, les histoires ne sont pas exceptionnellement complexes ou creusées (comme peuvent l’être un Ninjago dont la saison 3 est pour l’instant fabuleuse), mais elles sont bien drôles et rythmées. Elles font l’affaire : je ne vois pas passer les 13 minutes que durent les épisodes, où on sourit et rit pas mal. En tout cas, ça plait beaucoup à mon fils qui ne s’étonne pas de voir un chevalier affronter des robots ou un agent secret faire du baby-sitting à un bébé dragon. Le seule reproche que je ferais c’est qu’il n’y ait pas de continuité entre chaque épisode. Est-ce pour varier les histoires ou est-ce parce que les auteurs craignent que le jeune public ne puisse pas suivre une trame feuilletonnesque ? Dommage ! C’est justement le côté feuilletonnesque qui fait la force de Ninjago par exemple.

Les personnages, volontairement caricaturaux et stéréotypés, sont bien écrits et attachants. Mentions spéciales pour Étincelle la fée complètement à la ramasse et Ruby et ses expressions pittoresques. Le travail des doubleuses y est pour beaucoup, je dois le reconnaître.

En résumé, alors que je craignais que le résultat ne soit un gloubiboulga indigeste, Super 4 est un dessin animé réussi, frais, drôle et qui est techniquement agréable à regarder. Les personnages sont sympas et parleront facilement aux enfants. Mais surtout l’esprit Playmobil est bien respecté et bien retranscrit dans ce dessin animé qui mélange dans la joie les différents univers des jouets. Il y a un aspect ludique dans cette série bien plus fort que les séries Lego. On sent bien que les auteurs ont essayé de retranscrire l’imagination dont les enfants font preuve quand ils jouent. Sur ce point, c’est un pari réussi. Certes la série gagnerait peut-être à développer davantage ses univers avec un fil rouge, mais je reconnais que le format 13 minutes n’est guère propice à cela.

C’est au final un dessin animé que je peux vous recommander sans problème et qui, après avoir éteint la télé, donne envie de se poser et de jouer avec ses enfants.


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13 réflexions au sujet de « « Super 4  » – Un joyeux mélange des genres »

  1. Tu racontes n’importe quoi. Le choix entre Playmobil et Lego ne s’est jamais posé. Aussi loin que je souvienne, j’ai trouvé les Playmobil nuls, vides. On pouvait presque rien faire avec.
    Le pire dans tout ça, c’est que même maintenant, Playmobil ne m’inspire qu’ennui et herméticité. Et que le côté Playmobil de cette série serait plutôt l’élément en trop 🙂

    • Haha, on va faire comme si je n’avais pas relevé ton troll 😉

      Plus sérieusement, on ne joue pas pareil aux Lego et aux Playmobil. Ces derniers ont besoin de moins de montage donc le jeu est plus immédiat. Les sets sont plus grands et s’apparentent plus à des maisons de poupées ou à des figurines avec pleins d’accessoires. Il suffit de voir le nombre de petits objets dans les maisons ou les châteaux Playmobil !

      C’est justement le côté Playmobil avec tout un tas d’univers différents qui se télescopent qui fait le sel de ce dessin animé. D’un point de vue « méta », c’est une idée géniale.

      • Oui, j’ai donné un petit côté troll à mon message, je le sentais en l’écrivant. Sorry. Mais c’est aussi que c’est réellement ce que je ressens. Je n’ai jamais senti la moindre magie dans les Playmobil. Un sentiment de rejet viscéral assez profond et inexplicable. Tu éclaires toutefois par toi-même en partie le truc : c’était la phase de montage qui m’intéressait le plus.

        J’ai bien relevé le côté « méta », et tu te doutes que ce côté est loin de me déplaire. D’où ma conclusion qu’à mes yeux, le côté Playmobil trop prégnant dévaloriserait plutôt, de prime abord, ce côté mélange enthousiasmant. En tout subjectivité.

      • Comme je le disais en intro, Lego ou Playmobil, ça dépend des sensibilités. Mon fils aurait tendance à dire les 2. Il joue aussi bien avec les uns que les autres. Mais j’insiste sur l’immédiateté des Playmobil pour se construire des histoires et des scénarios de jeux.

        Je sais que je réponds à côté mais je n’ai pas trouvé le côté « Playmobil » trop présent dans les épisodes que j’ai vus. A l’inverse des Ninjago, où on voit constamment de nouveaux véhicules ou de nouveaux décors créés pour vendre de nouveaux sets et où les personnages construisaient des choses comme le feraient les joueurs de Lego.

        Il y a avec Super 4 moins de cynisme et d’arrière-pensées marketing que dans les productions Lego. D’ailleurs, il n’y a aucune mention à Playmobil dans le titre et sur le site internet de Playmobil il n’y a pour l’instant aucun jouet adapté de cette série. Le château est un château, point barre. Il n’y a pas de réflexion « méta » sur la nature des univers ou des personnages, si ça peut te rassurer.

        L’esprit Playmobil, c’est surtout dans le mélange des genres et des univers.. L’aspect visuel est au final quasiment anecdotique.

  2. Bon moi personnellement, je n’aimais ni les Lego (trop compliqué pour mon petit esprit pas créatif ni pragmatique) ni les Playmobil. Je préférais jouer à La Bonne Paye (déjà gagner de l’argent, c’est incroyable comme tout se joue avant 6 ans :p).
    Néanmoins, ton article m’a donné vachement envie de regarder cette série (ainsi que Ninjago d’ailleurs qui est sur Netflix si je ne m’abuse).

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