« Gus – Petit oiseau, grand voyage » – Drôles d’oiseaux et prises de bec

J’avais depuis longtemps eu envie de retourner au cinéma juste en tête-à-tête avec Fiston. L’occasion s’est présentée lorsque les responsables communication de Gulli et Canal J proposaient d’envoyer à qui le désirait des invitations pour aller voir un long métrage d’animation français dont j’avais vu les affiches et qui m’avaient tapé dans l’œil. Il s’agit de Gus – Petit oiseau, grand voyage sorti sur les écrans français le 4 février 2015.

Que ce film me semblait joli, qu’il me semblait beau ! Allons découvrir si son ramage se rapporte à son plumage et s’il est digne d’être le Phénix des nombreux films d’animation qui se bousculent en mois de février 2015 !

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Fiche technique

Gus – Petit oiseau, grand voyage est un long-métrage d’animation franco-belge d’une durée de 90 minutes.

Ce film d’animation 3D relief est produit par Haut et court et réalisé par le studio d’animation TeamTo (qui réalise par exemple Angelo la Débrouille, Babar les aventures de Badou mais surtout les Lapins Crétins pour le compte d’Ubisoft) sous la direction de Christian De Vita (qui était entre autres le storyboarder de Tim Burton sur Frankenweenie et de Wes Anderson sur Fantastic Mister Fox).

La sublime direction artistique est confiée à Benjamin Renner, le co-réalisateur d’Ernest et Célestine tandis que le scénario est écrit par Antoine Barraud.

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Le budget du film s’élève à 10 millions d’euros, une paille comparée à Rio  (dont le thème porte aussi sur les oiseaux) qui a coûté 90 millions de dollars ou la Reine des Neiges qui en a coûté 150 millions, à titre de comparatifs.

Le casting est de bonne facture dans sa version française (il semblerait que ce film ait été d’abord tourné en anglais). On retrouve ainsi Arthur Dupont dans le rôle-titre, Sara Forestier (que personnellement j’ai trouvée peu convaincante) dans le rôle de Delf et Bruno Salomone un habitué des doublages, qui est au contraire plutôt bon, dans le rôle de Karl (et d’un hibou particulièrement agaçant), ainsi que Pierre Richard dans le rôle de Darius. Pas grand chose à ajouter sinon que c’est carré et propre mais pas inoubliable.

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En revanche, la bande-son est très belle et l’ambiance musicale que l’on doit à Stephen Warbeck, compositeur britannique, est excellente et variée.

L’histoire

Synopsis officiel :

À l’heure du départ pour la grande migration, Darius, le doyen de la volée est blessé, il va devoir confier tous ses secrets et le nouvel itinéraire du voyage au premier oiseau venu. Et cet oiseau… c’est notre héros, exalté à l’idée de découvrir enfin le monde… mais pas du tout migrateur!

On suit les aventures d’un petit oiseau jaune sans nom, agoraphobe et mythomane, qui a été recueilli par une coccinelle manipulatrice lorsqu’il n’était qu’un œuf. Par un concours de circonstances, l’Oiseau Jaune recueille les dernières volontés de Darius, le patriarche d’un groupe d’oiseaux migrateurs : donner les instructions de vol pour éviter les oiseaux de fer à Karl, son successeur.

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Mais l’Oiseau jaune, fortement aidé par cette fourbe de Coccinelle, arrive à convaincre les groupe d’oiseaux que le patriarche l’a désigné pour les emmener jusqu’en Afrique, alors qu’il n’a jamais quitté son abri avant ce jour. La suite sera une succession de quiproquos qui vont les mener aux désastres. Mais dessin animé pour jeune public oblige, tout finira bien dans le meilleur des mondes.

Bref, vous l’aurez compris, j’ai eu beaucoup de mal avec le scénario et encore plus avec le personnage principal que j’ai trouvé horripilant et antipathique. Cette volonté des auteurs de nous le présenter comme une pauvre victime dépassée par les événements et de constamment essayer de le rendre sympa est tout simplement incompréhensible. Il s’agit un mythomane qui met en danger tout le monde sciemment et qui se permet *SPOILER* d’insulter son seul contradicteur lorsque son imposture est révélée.

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L’Oiseau Jaune est insupportable mais beaucoup moins que la Coccinelle, dont on pense être débarrassé au début du film mais qui reviendra dans les hallucinations de notre « héros ».

Les autres personnages sont à peine plus attachants : Delf le personnage féminin principal qui tombe sans raison sous le charme de l’Oiseau Jaune et qui sans raison le soutiendra quoi qu’il arrive manque de caractères et d’épaisseur. Karl, que l’on nous présente comme un arriviste prétentieux, s’avère celui qui a le plus de bon sens grâce à un « sixième sens » unique que tout le monde reconnait. Mais on préfère le montrer comme un bouffon sans conviction, qui aboie beaucoup mais qui n’a pas le courage d’opposer au groupe. Les autres personnages sont anecdotiques.

 Avis et conclusion

Je vais avoir beaucoup de mal à donner mon avis sur ce film. J’ai en effet été totalement conquis par l’aspect artistique très réussi : les décors sont sublimes, les lumières sont magnifiques (peut-être aussi parce que je ne l’ai pas vu en 3D avec les affreuses lunettes qui assombrissent tout) et les personnages sont graphiquement très bien faits (à l’exception des chats qui sont ratés). Il y a de très très belles scènes (celle du pétrolier échoué est fabuleuse avec des plans et des prises de vue osées et inventives).

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Sans parler de la musique, planante et épique. On sent un travail pour rendre les oiseaux crédibles dans leurs comportements, dans les phases de vol. Le dossier de presse insiste beaucoup sur la collaboration d’un ornithologue dans l’écriture du film et il y a pas mal de matériel pédagogique sur le site officiel. Bref, une volonté de faire un film sérieux.

Pourtant on n’est loin du compte et de mon point de vue, tout cela ne suffit pas pas à en faire un film indispensable. Car, si Fiston a apparemment bien aimé ce film (mais il est très bon public), j’aurais adoré l’aimer moi aussi et pouvoir le défendre. Mais je n’y arrive pas : c’est tellement dommage que le héros me sorte par les yeux et qu’il soit si détestable. Mais ce n’est pas le seul défaut : il y a des passages trop longs (à Paris notamment, un passage inutile), de nombreux gags ratés et les personnages peu marquants. Ce que j’en retire c’est une immense crispation pendant l’heure et demi que dure ce film. Pourtant, on sent dans ce film beaucoup d’ambition et une volonté de bien faire.

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Malheureusement, pour ma part, c’est raté, d’autant plus que ce film est sorti dans une période très concurrentielle entre les grosses machines que sont le film de Bob l’Éponge, le dernier Disney, les Nouveaux Héros ou encore Maya l’Abeille ou les Moomins. Même si les images sublimes mériteraient d’être vues et savourées sur un grand écran, je vous recommande de faire votre avis quand ça passera à la télévision, car Gus est loin d’être un film indispensable ou qui restera dans l’histoire. C’est bien dommage…

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