[Petit test] « Netflix » – Avoir les yeux carrés à la demande !

Toujours à la pointe de l’actualité et de l’opportunisme, j’aimerais vous faire un retour d’expérience après quelques jours d’utilisation de Netflix. J’ai en effet profité de l’offre d’essai d’un mois gratuit pour tester ce fameux service de vidéos à la demande, qui est censé révolutionner le paysage audiovisuel et bouleverser notre mode de vie.

Qu’en est-il vraiment ? Netflix est-il l’eldorado annoncé ? Le catalogue est-il aussi riche et fourni comme on nous l’a vendu ? Mais surtout, question essentielle pour le blog, est-ce que les programmes pour les enfants qu’on y trouve sont intéressants ? Bref, en quoi ça va nous aider à garder les yeux carrés ? Autant de questions auxquelles je vais essayer de répondre dans mon article.

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C’est quoi, Netflix ?

Quelques mots rapides sur Netflix :

Netflix est une société américaine fondée en 1997 par Reed Hastings et Marc Randolph de vidéos à la demande sur abonnement. La légende dit que son fondateur, Reed Hastings, un ingénieur diplômé de Standford en IA, n’a pas digéré le fait de devoir payer des pénalités de retard pour un DVD loué à un vidéo-club. Il fonde ainsi une entreprise qui proposait initialement des locations de DVD, sans limite de temps, qu’on recevait puis qu’on rendait par la poste. Ce service existe toujours aux USA. C’est en 2010 que Netflix étend ses abonnements à la vidéo à la demande par internet.

Il est présent en Amérique du Nord, ainsi qu’en Amérique latine, puis dès 2012 au Royaume-Uni, en Irlande et en Scandinavie, en 2013 aux Pays-Bas avant d’arriver en fanfare en septembre 2014 en France, en Allemagne, en Autriche, en Suisse et dans le Bénélux. Netflix a prévu de s’installer dans les années à venir dans le Sud de l’Europe (Espagne, Italie, Portugal) mais aussi en Asie.

Si le siège de Netflix se trouve à Los Gatos en Californie, pour des raisons fiscales le siège social européen se trouve au Luxembourg (avant de déménager aux Pays-Bas dès l’année prochaine).

Netflix propose des films mais aussi pas mal de séries TV et s’est lancé dans la production de contenus exclusifs, notamment pas mal de séries TV.

Comment ça marche ?

Trois types d’abonnements sont proposés pour voir en illimité et à volonté tout le catalogue de Netflix : pour 7,99 €/mois en résolution « classique » SD sur un seul écran en simultané, pour 8,99 €/mois on a la HD et on peut regarder sur 2 écrans en même temps et pour 11,99 €/mois, ça monte jusqu’à 4 écrans toujours en HD. Ça dépend bien évidemment de sa connexion ADSL. Pas la peine d’investir dans les abonnements HD si votre connexion internet est asthmatique. J’ai pour ma part opté pour l’abonnement HD jusqu’à 2 écrans en simultané, profitant du mois gratuit pour tester. Même si l’abonnement est sans engagement et qu’on peut résilier quand on veut, il faudra toutefois entrer un numéro de carte bleue, mais l’inscription est facile et rapide.

Netflix est disponible directement sur son ordinateur, PC ou Mac, via le navigateur internet. Mais aussi sur les consoles de jeux vidéo les plus récentes (PS3-PS4, Xbox 360-Xbox One, Wii U), mais aussi sur les fameuses TV connectées qu’on essaie de nous vendre depuis 5 ans à chaque fête de fin d’années, sur certains systèmes de home cinéma et bien évidemment smartphones et tablettes via une application dédiée. Netflix est aussi compatible avec des systèmes comme l’Apple TV ou le Chromecast. Netflix devrait arriver sur la BBox de Bouygues et est en négociation avec d’autres FAI.

Pour ma part, j’utilise mon smartphone ou ma tablette et je diffuse sur ma télé à l’aide du Chromecast. Le résultat est plutôt satisfaisant, avec jusqu’à présent aucun problème ni ralentissement. L’image met quelques secondes pour être nette (un peu comme sur certaines vidéos Youtube), mais rien de rédhibitoire.

L’utilisation est plutôt simple : à la première utilisation, il nous est demandé de faire une petite liste de films ou séries que nous avons aimés ou que nous voudrions regarder, pour générer ensuite (via le fameux algorithme dont tout le monde vante les mérites) une liste de suggestions.

On peut ensuite créer différents profils dont des profils « enfants » (sur lesquels je vais revenir) pour permettre à chaque utilisateur dans le foyer d’avoir ses préférences.

D’accord, mais qu’est-il y a dedans ?

Il n’y a pas tout, loin de là. Tout d’abord, à cause d’une exception culturelle typiquement française, appelée « la chronologie des médias », il n’y a pas sur Netflix de films de moins de 3 ans. Il s’agit en gros des délais très précis à respecter pour pouvoir diffuser un film d’abord à la vente sur des supports tels que les DVD ou les Blu-Ray, puis à la télé (payante puis gratuite, avec des subtilités selon si la chaîne de télé a ou non coproduit le film) et enfin à la vidéo à la demande par abonnement. Alors que dans la plupart de pays, il y a des négociations avec les producteurs de films, ce système est mis en place initialement pour aider les salles de cinéma contre la concurrence de la télévision.

Mais avec Internet et les problèmes de piratage, j’ai l’impression qu’il vise plus à protéger les chaînes de télé comme Canal+, grand producteur de films. Il devient évident que ce système bien de chez nous (qui a longtemps été législatif) est obsolète et en décalage avec la réalité. Mais ce n’est pas le propos de mon article. Bref !

Je ne vais pas détailler le catalogue de films qui est assez maigre : peu de films français, et quasiment aucun film asiatique. Il ne faut pas non plus compter sur les vieux classiques. On ne peut même pas se marrer avec des nanars honteux. En somme, Netflix en France est pour l’instant très pauvre et n’intéressera pas les cinéphiles.

Côté documentaires, c’est assez varié : ça va des excellents documentaires de la BBC aux trucs putassiers sur les serial killers ou les porno-stars (je sens que je vais avoir des termes de recherches assez folkloriques d’ici quelques semaines). Il y a à boire et à manger mais ça manque de docu-fictions de Bûcherons de l’Extrême et de Man vs Wild.

C’est évidemment avec les séries que Netflix se rattrape avec pas mal d’inédits et d’exclusivités : Fargo, Orange is the New Black, Penny Dreadful, BoJack Horseman par exemples. Il y a même un animé japonais (Knights of Sidonia). Mais Netflix sert avant tout de site de rattrapage avec des séries dont tout le monde parle comme Breaking Bad, the Big Bang Theory ou Sons of Anarchy, mais aussi des séries plus vieilles comme Prison Break, Fringe ou Firefly.

Si le catalogue de Netflix en France fait la part belle aux séries anglaises (par exemples : Doctor Who, Misfits mais aussi Downton Abbey ou Broadchurch), les fans de séries françaises seront déçus. A part le Village français et Fais pas ci, fais pas ça, il n’y a rien.

Bien évidemment, ce catalogue est appelé à s’enrichir, surtout du côté séries TV. Mais il ne faut pas s’attendre à tout trouver. Mais alors que les gens râlent sur ce qu’il n’y a pas, je conseille plutôt de se concentrer sur ce qu’il y a. C’est bien suffisant pour des personnes comme moi qui n’ont quasiment rien suivi depuis des années.

Et les enfants ?

J’ai parlé des profils d’utilisateurs qu’on peut créer. Netflix est pour le coup assez bien fichu avec la possibilité de faire des comptes « enfants » avec uniquement des contenus adaptés, on ne trouve aucun film qui a été interdit aux moins de 12 ans. Une sorte de contrôle parental, pratique mais qu’il faut aussi surveiller : il y a des films d’action parfois violent qui restent parce qu’ils n’ont pas eu l’interdiction lors de la sortie en salles. Méfiance, donc !

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On arrive à la partie qui nous intéresse tous : et le catalogue pour les enfants ? Le premier constat est : il va y avoir de quoi les occuper pour un bon moment ! Mais avec quelques réserves.

  • Les films d’animation

Premier constat : contrairement aux films pour les « grands », il y a plus de choix avec notamment pas mal de vieux Pixar (dont les indispensables Cars et Toy Story) et de films Disney (comme Robin de Bois, Cendrillon mais aussi les films avec la fée Clochette). Ajoutons à cela un bon choix de films d’animation d’autres studios américains (Anastasia, Tempête de boulettes géantes ou encore le Géant de Fer, par exemples).

Comme je l’ai expliqué précédemment, aucun film de moins de 3 ans ! Pas la peine de chercher la Reine des Neiges ou le dernier Moi Moche et Méchant, ils n’y seront pas avant un petit moment. De même, il est dommage que pas mal de grands classiques Disney manquent à l’appel (pas de Roi Lion, ni d’Aladdin ou de Petite Sirène).

Autre regret : les films d’animations proposés restent très américains avec zéro film du studio Ghibli et très peu de longs métrages japonais pour les enfants : quelques films de Naruto, Bleach et Dragon Ball Z ainsi que 2-3 films de Pokémon.

C’est encore pire côté français : il n’y a guère qu‘Astérix pour sauver l’honneur tricolore. Et encore ce sont les vieux (même si ce sont les meilleurs). Bref aucun film de Paul Grimault ou de Michel Ocelot. Dommage !

  • Autres films

On peut distinguer 6 grandes catégories dans les films pour enfants proposés : les blockbusters hollywoodiens (Charlie et la Chocolaterie ou Alice de Tim Burton), les comédies Disney (du genre Hannah Montana ou des contes avec des princesses), les films avec des animaux qui parlent, les films mettant en scène des enfants (qu’ils soient ninja ou fassent du baseball) et les adaptations de séries pour enfants (Power Rangers, Tortues Ninja ou encore les Muppets).

Rien de transcendant, selon moi ! Ce sont des films qui passent en boucle pendant les fêtes de fin d’année, en résumé des films datés et peu intéressants.

  • Séries de dessins animés

Comme pour les « adultes », ça devient nettement plus intéressant quand on aborde la question des séries.

On retrouve quelques animés japonais plus ou moins récents. Pour les plus grands, il y a, entre autres, Blue Exorcist, Naruto, Hunter x Hunter ou l’Attaque des Titans ainsi qu’une série exclusive à Netflix (Knights of Sidonia). Il n’y a a priori rien qui devrait m’intéresser. Pour les plus jeunes, il y a Beyblade, Bakugan et Pokémon Noir et Blanc.

On trouve aussi des séries dont j’ai déjà parlé : Mike le Chevalier, Lulu Vroumette, Ninjago, Transfomers Rescue Bots et bien d’autres dessins animés qui font le bonheur des enfants à la télé le matin (Les Lapins crétinsEmilie, Foot2Rue, les Dalton ou encore le très très bon Flapacha où es-tu ?) ! Ainsi que le catalogue d’Ankama (qui a signé un partenariat avec Netflix) comme Wakfu.

Sans oublier pour les grands, les dessins animés des Transformers pour les grands mais aussi les séries Cartoon Networks comme les Supernanas, le Laboratoire de Dexter ou encore My Little Pony pour les plus tordus d’entre vous.

Mais en gros, il s’agit de dessins animés qui sont déjà passés ou qui passent encore à la télé. Il y a beaucoup de dessins animés connus mais heureusement pleins de choses à découvrir !

  • Séries

A part quelques séries australiennes avec des sirènes et des sitcoms à la Disney Channel, la section série pour enfants se limite quasi-exclusivement à l’intégrité des 21 saisons des Power Rangers, au plus grand bonheur de Fiston !

Même si je sens qu’on va regarder en boucle les Power Rangers, le choix des séries jeunesse n’est guère séduisant.

Avis et conclusion

On teste Netflix depuis quelques jours et j’avoue que sa simplicité et son catalogue me plaisent pour l’instant. Que ce soit la page web ou l’appli Android, c’est rapide et pas prise de tête : l’interface est agréable, les vidéos se lancent rapidement, il n’y a quasiment pas de latence et le fameux algorithme de suggestion fonctionne bien.

Pour les enfants, c’est un peu la caverne d’Ali Baba : Fiston étant fan des Power Rangers et des Pokémon, Netflix fera son bonheur ! Mais il n’y a pas que cela heureusement et les nombreux longs métrages pour les enfants et les petits dessins animés vont les occuper un bon moment.

Certes, il n’y a pas tout ce qu’on veut et il n’y aura pas tout. C’est d’autant plus dommage que les catalogues américains ou même britanniques sont plus fournis. Mais pour quelqu’un qui cherche un moyen légal d’avoir un service de vidéos à la demande en illimité, Netflix est un bon service. Car il y a bien sûr des moyens alternatifs pour voir tout ce qu’on veut. Ses vrais concurrents ne sont pas Canal Play, mais bien des sites de streaming ou des trucs comme Popcorn Time, que je n’utilise pas même si je les connais.

Mais c’est autant par paresse que par conviction que je cherchais un moyen légal et Netflix est pour l’instant une solution qui me convient. J’espère juste que le catalogue continuera à s’enrichir et à proposer des contenus orignaux. En attendant, j’ai pleins de séries à rattraper et pleins de Power Rangers à voir en boucle !

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5 réflexions au sujet de « [Petit test] « Netflix » – Avoir les yeux carrés à la demande ! »

  1. J’aime bien Popcorn Time ^^
    Je vais attendre que Mope s’y mette (ça sert à rien que j’investisse) mais j’avoue que je suis tentée et ton article me donne encore plus envie

    • Pour une grande consommatrice de séries comme toi, il faudra que tu regardes le catalogue français. Pas certain que tu y trouves ton compte, si ton oncle américain passe son temps à t’envoyer des VHS. En revanche, si tu accèdes au Netflix américain, c’est une autre histoire.

    • Tiens d’ailleurs si ton mec prend l’abonnement multi-écrans, ça doit être possible que tu puisses lui piquer son login et MDP pour en bénéficier, puisque ce n’est pas lié à une adresse ip ou un boitier 😉

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